Un peu d'histoire,,,,,,,Par Mrs Michel Poggi et Alain Demichelis 
LE PROVENCAL 13  
 
 
1908-1919: La longue et glorieuse histoire du «PROVENCAL» commence le matin du 6 septembre 1908,L'évènement est salué non par l'explosion devenue traditionnelle d'une bombe,mais par une cloche sonnant à toute volée, La bombe explosera aussi , mais le lendemain seulement,  
Le fondateur,le père de ce concours, est indiscutablement Monsieur Charles Gibron. Une foi indomptable l'habitait et il ne s'était pas contenté de prêcher sa croisade à Marseille,il était allé la prêcher à Toulon,d'où il avait ramené quelques croisés,parmi lesquels les trois futurs vainqueurs sur les 167 équipes engagées,à savoir: Batistin Ravizza dit «Le Pich»,son frère,Charles Ravizza dit «Le Parpelé» et Michel Prébois dit»Le Grelé»,  
 
De 1908 à 1919, ce sont inébranlablement les grands joueurs de la Belle Epoque qui inscrivent leur nom au palmarès,Un terrible bras de fer va opposer les Varois,avec à leur tête Le Parpelé,Le Grelé,Le Pich,Donato Cinelli dit «Le BIMBO» et Edouard Carestiato,aux Marseillais parmi lesquels Eugène Oulet dit «Le Blond»,Paul Lombard dit» Le Noir», Francois Panetti dit «Chiquinotti»,Paul Guérin dit»Le Grand» et le champion préféré de tous les marseillais Jean Pampuzac dit»Le Grand Jean»,  
 
1920-1928: Après l'hésitante remise en marche de 1919, après la « Grande Guerre » nous voici résolument installés dans l'euphorie de l'après-guerre,  
En 1920 ,481 équipes sont engagées, Parmi elles,au firmament bouliste monte et brille pour la première fois l'équipe reine,celle dont les générations de joueurs vont se transmettre les trois noms soudés inséparablement: Pierre Benson, Mi chel Fenoglietto dit»Pinot» et Charles Oderra dit «Charlot»,  
Celle, la seule dans l'histoire du Provencal, que les organisateurs du concours seront obligés de défaire,de dissocier,tant était manifeste la suprématie de ces trois hommes réunis,après trois victoires,une finale et une demi-finale en cinq ans de 1920 à 1924  
 
1920-1928: Après l'hésitante remise en marche de 1919, après la « Grande Guerre » nous voici résolument installés dans l'euphorie de l'après-guerre,  
En 1920 ,481 équipes sont engagées, Parmi elles,au firmament bouliste monte et brille pour la première fois l'équipe reine,celle dont les générations de joueurs vont se transmettre les trois noms soudés inséparablement: Pierre Benson, Mi chel Fenoglietto dit»Pinot» et Charles Oderra dit «Charlot»,  
Celle, la seule dans l'histoire du Provencal, que les organisateurs du concours seront obligés de défaire,de dissocier,tant était manifeste la suprématie de ces trois hommes réunis,après trois victoires,une finale et une demi-finale en cinq ans de 1920 à 1924  
 
1929-1938: Si de 1908 à 1928 les inscriptions battent chaque année des records( on a débuté avec 167 équipes en 1908 pour arriver à 889 en 1928),il devient difficile d'atteindre des chiffres aussi élevés à partir de 1929(on arrive péniblement aux 605 équipes en 1932), Les organisateur décident alors d'enrayer l'hémorragie et d'innover,une fois de plus, avec notamment un «concours d'affiche»ouvert aux dessinateurs professionnels et amateurs,  
Le grand gagnant sera André Bermond, avec son dessin qui servira d'affiche officielle au concours pendant de nombreuses années et qui lui vaudra, par la suite,une notoriété national,  
Pendant cette décennie, trois joueurs vont s'illustrer tout particulièrement:  
Giovanetti Antonin ,vainqueur en 1926,1931 et1935,finaliste en 1924,1933 et 1938  
Ghilardi Marius dit «Sardine»vainqueur en 1931 et 1937,finaliste en 1933  
Maggi Francois dit «Le Rouge»,vainqueur en 1922,1923,1925et 1935 et finaliste en1933  
 
1939-1958 En 1939,1940et 1943, le concours n'aura pas lieu,  
En 1945, Marius Ghilardi dit «Sardine» remporte sur le fil un troisième titre  
1948, c'est à nouveau une équipe de légende qui va voir le jour,avec encore le mythique Oderra,associé cette fois-ci à Emile Agaccio et un» Grand Sifflet»Albert Calanotti, Finaliste cette année là et l'année suivante,il ne leur manquera qu'un peu d'amitié et de bonne entente pour régner en maîtres sur le concours  
A partir de1951, une nouvelle vague de joueurs, plus talentueux les uns que les autres,fait son apparition:Robert Trovatelli dit «Otello» Jean Tricon dit «Le Japonais» Fernand Michelucci dit «Petit Fernand»(fils spirituel du grand «Charlot» Oderra) Joseph Locatelli Marius Roggero, Et bien évidemment celui qui en 1947 avait ébloui les arènes du Prado, celui que l'on surnommera par la suite»Le Bombardier Toulonnais», un joueur d'exception: Alphonse Baldi  
 
1959-1968 Au début de ces années là, Calanotti et Agaccio, qui ont essayé tous les frappeurs de la région,n'ont pas l'oiseau rare,jusqu'au jour, où , un ami leur glisse à l'oreille le nom d'un jeune de la cité de St Louis,Emile Lovino, Le vendredi 7 aout 1959,après six jours de lutte, Calanotti,Agaccio et Lovino remportent la quarante-quatrième édition,  
L'équipe Louis Portal,Jules Blanc et Marius Palaggi remportent l'édition de 1964 et celle de1967,  
Le 2 août 1968 ,Albert Calanotti entre définitivement dans la légende du Provençal, jusqu'à ce jour le record des victoires appartenait à un toulonnais, Donato Cinelli dit «Le Bimbo» vainqueur en 1911,12,19,23 et 29, C'est sur le score sans appel de 15à7 que «Le Grand Bert», opposé en finale à Beysson,Baldi,Michelucci,égalera ce record, pour avoir remporté le Provençal en 1930,52,59,66 et ce 2 aout 1968  
 
1969-1978 S'il y a un gentleman des boules, c'est bien le grand Yvan Raimond, Respectueux de ses partenaires, comme de ses adversaires, c'était un exemple pour tout le monde du sport bouliste, Il était d'une élégance et d'une classe naturelle,toujours courtois et ce n'est que justice si en 1969 il inscrit son nom au palmarès associé pour l'épreuve à Avanti Volpini et au toujours jeune Franck Raccanelli, C'est encore avec eux qu'il sera finaliste du Championnat de France Triplettes jeu provençal en 1970,71 et champion de France en 1972 et 73  
Franck Racanelli incarne la nouvelle génération de longuiste au même titre qu'André Massoni, Alain Cortès,André Gastaldi, Michel Bruno et René Chauvin,Fanck Racanelli sera vainqueur en 1969 et finaliste en 1976 et 1979  
André Massoni, quand à lui,sera finaliste en 1970 et 1976 et vainqueur en 1978, René Chauvin sera vainqueur en 1976,André Gastaldi et MICHEL Bruno en 1977,  
 
1969-1978 S'il y a un gentleman des boules, c'est bien le grand Yvan Raimond, Respectueux de ses partenaires, comme de ses adversaires, c'était un exemple pour tout le monde du sport bouliste, Il était d'une élégance et d'une classe naturelle,toujours courtois et ce n'est que justice si en 1969 il inscrit son nom au palmarès associé pour l'épreuve à Avanti Volpini et au toujours jeune Franck Raccanelli, C'est encore avec eux qu'il sera finaliste du Championnat de France Triplettes jeu provençal en 1970,71 et champion de France en 1972 et 73  
Franck Racanelli incarne la nouvelle génération de longuiste au même titre qu'André Massoni, Alain Cortès,André Gastaldi, Michel Bruno et René Chauvin,Fanck Racanelli sera vainqueur en 1969 et finaliste en 1976 et 1979  
André Massoni, quand à lui,sera finaliste en 1970 et 1976 et vainqueur en 1978, René Chauvin sera vainqueur en 1976,André Gastaldi et MICHEL Bruno en 1977,  
 
1979-1988 Cette période est marquée par la double victoire de l'équipe reine Massoni-Racanelli-Pironti,aussi efficace que spectaculaire(1982/1983)  
C'est aussi la période d'un triple record:  
-Record de l'efficacité au tir obtenu en 1979 par Maurice Guerrieri,vainqueur du concours avec ses coéquipiers de Pertuis,Carbo et Lovisolo, pour avoir frappé en finale 11 boules sur 14(coefficient 78,571%) ,record inégalé à ce jour,  
-Record pour René Giordanengo qui remporte le concours en 1981 avec son père Jacques et Navaro à l'âge de 16 ans, ce qui fait le plus jeune joueur vainqueur de l'histoire du Provençal 13,  
-Record des équipes enregistrées jusqu'ici pour le concours en 1983 avec 1849 triplettes au départ, soit 5547 joueurs,  
Durant cette décennie,de grand joueurs,tels Lilou Maurin,Jo Cavalière ou Louis Benoit-Gonin,figurant déjà au palmarès, confirment leur grande valeur,  
De leur côté, de jeunes joueurs talentueux entrent dans la cour des grands et continueront à faire parler d'eux: Philippe Roux(victoire en 1987) et Patrick Griseri(victoire en 1988),  
En 1985, les Nimois Macari, Ferret et Sigal manquent de peu un exploit unique: gagner la même année le «Provençal»à la longue et la «Marseillaise» à pétanque, Ils s'inclinent en finale des 2 grands concours cette année là,  
 
1989-1998 Ensemble ou séparément, de grands joueurs, déjà vainqueurs récidivent: Pironti,Partengo,Cavalière,Benoit-Gonin,Griseri,Massoni,Cortès,Carbo,Roux et Lovino,  
D'autres accèdent à la gloire bouliste, comme Eymar,Barthélémy,Fubiani,Bindi,Rosati,Passanate,Gomez,etc,  
Lovino gagne en 1995 avec Massoni et Matraglia,,,34 ans après sa victoirede 1959!  
Louis Ruggieri, en 1997, fait presque aussi bien,avec son frère Etienne et Rosati: 34ans après son succès de 1963  
En 1992 et 1993, exceptionnellement, les parties finales se déroulent à l'intérieur du Palais des Sports,après d'autres lieux légendaires comme les arènes du Prado, «l'ancien» stade Vélodrome,et le stade de l'Huveaune,  
En 1997 ,le provençal devient les «6 jours de la Provence» du nouveau nom du journal organisateur,  
Le changement de lieu n'est pas profitable aux pertuisiens Blasco,Valdès et Florès,deux fois de suite battus en finale ces années là par Mussi,Calvez,Bonifay puis Massoni, Benoit-Gonin,Cortès,  
Juste récompense pour une des plus belles triplettes de l'histoire du Jeu Provençal: Mussi,Calvez et Bonifay dont la valeur et la sportivité suscitent l'estime générale(ils ont été champions de France en 1984 et 1985)  
 
1999-2008 Cette décennie débute par la victoire surprise des alpins Sartore,Musso et Auzet,  
Mais on ne gagne pas un concours comme celui-là sans le mériter: Auzet ne sera-t-il pas Champion de France avec Giordanengo et Bovo,,,en 2008,  
Pour Gastaldi, Massoni;Roux,Carbo,Griseri, il s'agit d'écrire une nouvelle ligne à leur palmarès,  
Pour Lafleur, Lombardi et les autres, c'est la consécration attendue de leur talent,  
Mention spéciale pour Gastaldi,déja vainqueur en 1977 et qui affiche 3 victoires,, pour le moment,  
Mention particulière également à Henri Lafleur, le «Ferrailleur Gentleman»à qui il ne manquait qu'une victoire dans l'épreuv après tant d'autres succès(dont 3 titres consécutifs de Champion de France en 1986,1987,1988 avec Angelvin et Capelle),  
Depuis sa création en 1908 le concours n'avait été interrompu que durant les années de guerre,  
Il doit s'arrêter- provisoirement- en 2001, le temps d'une reprise de son organisation l' ASPTT MARSEILLE avec le soutien principal du Conseil Général des Bouches du Rhône,  
Dès la reprise en 2002, l'engouement des «longuistes» est présent: 1244 équipes sont inscrites,  
Cette année-là, les parties finales ont lieu sur les plages du Prado, mais dès l'année suivante on retrouve le site du parc Borély pour ces parties, La finale 2005 sera télévisée : 800000 téléspectateurs  
Entre 2007 et 2008 ,deux des plus grandes figures de l'histoire du concours disparaissent: Emile Lovino»l' Artiste» et André Massoni recordman absolu des victoire (7),  
 
Textes: Michel Poggi et Alain Demichelis. Dommage je n'ai pas pu pour les photos Tous droits reserves  
Si vous avez des anecdotes ou des sujets sur le jeu provencal nous sommes preneurs. A+ Dan  
 
 
"Cent Provençal, Sang Provençal !..."  
 
Vincent MEGER  
 
 
 
Le Provençal !  
 
Il aura cent neuf ans cette année, mais ce dimanche 23 juillet 2017, malgré beaucoup d'incertitudes ce sera bel et bien le départ de la centième édition du plus ancien et du plus prestigieux de tous les concours de boules, "Mecque du Jeu Provençal" et véritable mythe pour tous les joueurs de Longue : Le Provençal !  
 
 
Plus qu'un Concours...  
 
Depuis plus de cent ans, c'est bien plus qu'un concours de boules qui nous unit, bien plus que de simples sphères qui roulent et s'entrechoquent, bien plus que quelques coups chance ou de malchance qui font ou défont un destin, bien plus que de beaux souvenirs et des lettres d'or aux Palmarès des Champions...Non Le Provençal c'est plus que tout cela, c'est plus qu'un concours, c'est tout un coeur qui bat et tout le sang d'un peuple qui coule dans nos veines...Tout un sang Provençal...  
 
Alors quand Monsieur Gibron eut l'idée du Concours au début du siècle dernier il ne se doutait certainement pas qu'il allait créer la plus belle des étoiles pour les joueurs de boules, et au fil des décennies à travers les légendes qui l'ont construite...Etoile à 7 branches pour "le blond" André Massoni recordman absolu au Palmarés devant d'autres légendes à 5 étoiles nommées Albert Calanotti, Le Bimbo, Charlot Oderra, Louis Benoit Gonin et Philippe Roux..Etoile filante pour certains pourtant très grands qui n'ont jamais pu la décrocher même si ils s'en sont approchés très prés...Et légende aussi pour les noms des autres grands cracks qui nous ont fait aimer les boules et chérir le Provençal : Le Maggi, Le Rouge, Sardine, Petit Fernand, Le Bajard, Baldi, Othello, Lilou Maurin, Le Japonais, Vivancos, Lovino, Locatelli, Partengo, Racanelli, Pironti, Cortes, Gastaldi, Ruggieri, Chauvin, Carbo, Giordanenco, Mussi, Bonnifay, Guerrieri, Lafleur, Cavaliére, Griseri, Valdes, Ceyte, "Ben", Rouvin, Matraglia, Stievenart, Terreno et Kerfah parmi tant d'autres...  
 
On ne s'éternisera pas sur les statistiques, ce n'est pas le but de cet hommage, mais le Provençal est bel et bien le concours de tous les records avec 1849 équipes engagées en 1983, et des finales disputées devant des milliers de spectateurs, le stade vélodrome et sa piste cendrée servant même de théâtre à l'ultime partie et au dernier succès de l'aigle noir Calanotti en 1968...  
 
Alors d'où que l'on vienne, on marche vers l'étoile, on visualise les paysages avec le même rêve qui nous guide, années après années, des chemins de Provence bordés de cyprès, aux nationales du Sud cernées de platanes, aux routes de Camargue qui rejoignent la Crau en rasant roseaux et autres tamaris...Les mêmes images, les même repères, les mêmes fétiches, on refait toujours le chemin...Qu'on vienne du levant et du Var ou même de la Côte d'Azur, qu'on traverse les Rhône, le petit puis le grand, en venant du Gard ou de plus loin encore, on sait très bien qu'en voyant la bonne Mère, en serpentant sur la corniche jusqu'au David, ou en descendant le Prado on touchera bientôt au but...  
 
 
Le temps, les hommes :  
 
Semaine sainte ou Sainte semaine, le samedi pour les autochtones on a acheté le Provençal, on a regardé le tirage, on est allé chercher le carton et les cadeaux à Borely et puis on a préparé les affaires, la chemise, le polo ou le tee shirt, le short ou le pantalon, les chaussures, on a astiqué les boules rempli la sacoche et la glacière, il va faire chaud il faudra boire, beaucoup boire, rester frais demain...  
 
Dimanche on a peu dormi, on est un peu stressé quand même, ces mecs en face on les connait pas, ça se trouve ils sont forts, ils en manquent point, ils rongent le bouchon...On verra bien...Le temps de faire deux cent cinquante bises et c'est bon on trouve notre jeu, on y est ça va, tout se passe bien, finalement ces Goldoraks de la nuit font que des renards et le tireur en attrape point...On va manger dans le Parc on joue prés du Chateau cet après midi, monte davale ce jeu mais finalement nos adversaires ont joué pour participer et travaillent demain, donc on finit en buvant un coup au Skating et en les remerciant...La mission pour le capitaine est simple, tirer l'impair pour le lundi matin qu'on se repose un peu...Il revient avec le sourire on sera là demain après midi, un lundi au soleil...  
 
Le lundi c'est spécial, souvent on en fait qu'une mais elle vaut le coup car revenir le Mardi c'est déjà un bon petit Provençal et puis il en reste encore des "souplettes" comme on dit alors pourquoi pas...  
 
Le mardi, "bien on est encore là diront les uns", ou "le concours commence vraiment" clament les champions, c'est vrai qu'on attaque les 64éme et logiquement les 128 qui restent sont des équipes de joueurs de boules, il n'y a plus guère de balourdes, on a droit aux premiers gros chocs, les galeries grossissent, ça commence à timbler dans des fins à suspens et on arrive à discerner les favoris et les vrais prétendants...  
 
Le mercredi ça se précise le matin ils ne sont plus que trente deux trios pour les seizièmes de finales, on vous remet un joli polo (ils étaient blanc et rouge pour nous...), les jeux s'espacent, la presse commence à vous suivre à vous interroger, il faut garder la tête froide la concentration, être le plus frais possible, boire encore et toujours, être proches des ses coéquipiers mais dans sa bulle aussi, trouver le bon dosage, la bonne distance, la motivation vient seule depuis dimanche on l'a et elle n'a fait que grandir partie après partie, "y a un coup à faire, pourquoi pas nous..." se murmure t'on...L'après-midi c'est les huitièmes et là on en prend une grosse, c'est normal, il n'y a plus que ça...Les langoustes prennent pas si souvent le port de Marseille comme on dit ici quand des inédits se présentent à ce stade...Il y a toujours dans les huitièmes des parties à suspens, où on semble jouer les prolongations, des scores serrés, 12 à 13 on s'arrête là avec des regrets pour la vie mais des souvenirs et des joies pour l'éternité...  
 
Le jeudi plus que 3 se disent les cadors, perdre en quarts on dit que c'est la partie du couillon, alors il faut forcer le passage et rentrer dans le stade comme les gladiateurs romain autrefois, c'est relevé c'est sûr mais cela coule de source, ça se jouera sur une bonne entame, sur des bonnes options et sur de la réussite aussi alors si la bonne Mère pouvait nous faire un petit ce serait bien...L'après-midi le stade est là, monstre métallique mini cratère à ciel ouvert où peuvent se brûler les ailes les plus fluides, on change les polos, on reconnait nos amis dans les tribunes d'acier, mais on ne voit qu'un cadre et trois bonhommes en face...Le jeu est différent, dur, avec cette peinture sur le béton au milieu, brrrrrrrr le trac va pas gagner, si près du but il faut se surpasser pour revenir demain et jouer à Borely un vendredi...  
 
Pour ce dernier jour il faut bien dormir, boire encore et toujours, tout va se bousculer, beaux pantalons blancs, chemise à col fantaisie, protocole et présentation en grandes pompes, ne pas bouffer son énergie sous l'émotion...Gagnants ou perdants c'est un ouragan qui vous emporte toute la journée, et à la fin les énormes coupes, la foule, les amis, les inconnus, les médias, l'ivresse et jusqu'à La Coupo Santo unique elle aussi...Il n'y a qu'ici que résonne cet hymne on ne peut plus ancestral et symbolique du Sang Provençal...  
 
 
L'espace :  
 
 
Le décor du Parc Borély nous oblige aussi, ici on dit le Parc ou Borély, véritable théatre des rêves, avec son goudron inégal tapissé de grain de riz, ses bordures si tentantes pour les boules mal envoyées...En entrant à gauche les premiers jeux larges et bombus à souhait, plus loin après le palmier le virage de la Roseraie, fleuri mais si traître, ses ombres et ses lumières comme ce qui se joue sous nos yeux et parfois à l'image de nos propres vies...On avance vers le jet d'eau, le château et sa grande pente, au bord en redescendant allées et contre allées, mais aussi l'hippodrome ou l'un de mes partenaires Nîmois ayant manqué s'est retourné en attendant que sa boule revienne après un tour de piste...Et les stades bien sûr qui pour beaucoup rappellent les chaleurs du premier jour et parfois les rêves envolés prématurément mais aussi où de grandes épopées ont vu le jour...Magnac, La Pomme, Saint Loup, Caujolle, La Soude, Ganay, Henri Tasso, La Madrague, Le Cesne...  
 
Le carré d'honneur baptisé depuis quelques années Albert Calanotti est dressé à partir du mercredi au centre du Borély tout prés du bassin, mais jusqu'à la fin des années 80 les parties finales se déroulait juste avant le Borély à droite dans ce qu'on appelait le stade de l'Huveaune...L'histoire dit aussi que pendant très longtemps avant la guerre les finales se sont disputées dans les arènes du Prado qui étaient bondées...Quelques curiosités aussi avec dans les années 90 et 2000 le palais des sports et la plage du David pour accueillir les derniers parties du Concours...  
 
 
 
Alors en remontant la corniche encore une foisje repensais à tout ça, en regardant la Méditerranée par delà le Prophète tapisser l'horizon de lumière et de force, il me revint en mémoire le conte de Noel que j'avais écrit en mémoire de mon ami Mimi naguère vainqueur du concours et qui je le crois le joue toujours de là haut...  
 
 
 
"La lumière acidulée de cette fin de jour rose tamisait le château et narguait la chaleur qui perdait de sa superbe. Il se retourna pour contempler le Borély une dernière fois comme si le soleil se couchait aussi sur sa vie...En rentrant il pensa à ce que lui disait son père "Les joueurs de longue le savent, on ne meurt jamais tout à fait, on refait toujours la partie...".  
 
Il partit à l'automne un jour de mauvais vent.  
 
Le Noel suivant dans la famille, les petits firent tomber une boule du sapin qui en se brisant laissa apparaître un papier sur lequel Emile avait écrit...  
 
 
Si simples et si rituels  
Ces gestes éternels  
Ce jeu est notre amour  
Son nom est ce concours  
Et quand on y a goûté  
On en rêve en secret  
On traverse la vie  
Dans cette rêverie  
Combien de jours passés  
Combien de nuits laissées  
Tenir plus que courir  
Vieillir à en mourir  
Avec comme idéal  
Un dernier Provençal !  
 
 
 
Un bon provençal à toutes et tous, prenez du plaisir c'est une valeur qui ne se démode pas...Merci aux organisateurs de l'ASPTT et à son Président Robert Caturegli ainsi qu'à la Ville de Marseille et son Maire et plus généralement à tous ceux qui ont oeuvré pour que le Provençal puisse continuer à vivre et à nous faire rêver.