André MASSONI  
Quand on sait que des cinéastes avaient envisagé de consacrer un film à la vie et au parcours insolites d'Emile Agaccio, grand champion devant l'Eternel, qui défraya en son temps, et les chroniques sportives, et les chroniques judiciaires, avec un séjour de 18 mois derrière les barreaux pour une affaire de boules farcies et de parties truquées, on peut s'étonner que personne ne se soit encore intéréssé au cas d'André MASSONI.  
Parce que là aussi il y a matière à composer...  
André MASSONI, c'est un autre champion, un immense champion de la "Provençale", qui a littéralement éclaboussé les années 80 de son talent hors normes, et qui a également fait parler de lui dans des pages un peu moins "sportives" de différents journaux...  
Les boules, André MASSONI va les prendre en mains dès l'âge de 12 ans, et ne pas craindre de faire l'école buissonnière pour aller en frapper ! Il est encore très jeune d'ailleurs, il a seulement 17 ans, lorsqu'il épate la galerie pour la première fois en disputant la finale du "Provençal" ; une compétition prestigieuse dans laquelle il établira par la suite un record de victoires en se l'adjugeant à six reprises.  
Il faut dire que Monsieur André MASSONI, alias "L'ange blond", et qui se désignait lui-même comme "Le Platini des boules" - on n'est jamais si bien servi... -, ce n'était pas seulement une gueule d'ange, un jeune homme racé et élégant, qui aimait les cigarettes, le poker, et les femmes mûres, autant que les boules, c'était aussi un formidable tireur, doué d'une adresse exceptionnelle, qui emportait tout sur son passage, ce qui lui vaudra d'être considéré par les connaisseurs comme le plus grand tireur de sa génération, et d'être baptisé "L'homme aux mille victoires" tant il va collectionner de titres à tous les niveaux - il sera notamment deux fois champion de France -, et de concours régionaux et nationaux, tels Nîmes, La Tour d'Aigues, Saint-Maximin, le Pertuis, et Sisteron, pour n'en citer que quelques uns...  
André MASSONI aurait pu se contenter de ça, d'être un grand champion adulé par les aficionados de la petite boule, d'arrondir ses fins de mois en gagnant des concours, et de mener une vie de plaisirs...  
Las, le sang qui bouillonnait déjà dans les veines du garnement fantasque et indiscipliné du quartier populaire de "La Belle de mai", à Marseille, ne s'est pas refroidi avec le temps et "L'ange Blond" ne va pas limiter les prises de risques aux terrains de jeux, ni se satisfaire de tirer uniquement sur des boules : il va aussi envoyer le bouchon un peu trop loin "dans le civil" et un peu trop "tirer sur la corde", pour employer ici un délicat euphémismse, laquelle finira pas se rompre et par l'amener à rendre des comptes à la justice !  
Si l'intéressé n'a passé que quelques semaines à l'ombre, à 23 ans, pour une histoire de vol de café, les peines qui vont suivre, consécutivement à des délits nettement plus graves, seront beaucoup plus lourdes.  
Cependant, si André MASSONI n'était pas un parangon de vertu hors des jeux, loin s'en faut, il reste, en revanche, dans la mémoire des amateurs de la petite boule, comme un modèle de classe, d'efficacité, et d'élégance sur les jeux ! "Dédé", disaient certains de ses admirateurs, "Il suffit qu'il jette ses boules pour poser des carreaux !" "Dédé", était sans aucun doute un surdoué, né pour frapper des boules à 20 pas... D'ailleurs, il ne se gênait par pour répéter à l'envi, ce qui ne manquera pas de hérisser le poil des tenants de la necessité de l'apprentissage et de la mise en place d'une technique appropriée pour être performant : "Je n'ai jamais appris à tirer. C'est un don, on est adroit ou on l'est pas." Ce qui est tout à fait mon avis.  
Champion de longue provençale, André MASSONI, mais pas seulement : l'homme tâtait aussi de la pétanque et sur ce terrain là non plus il ne craignait personne ! Son plus grand regret ce fut sans doute de ne pas avoir réussi le fameux doublé "Provençal/Marseillaise", qui eut été comme un couronnement de sa carrière. Associé à Emile Lovino, dit "Milou", un autre ténor du circuit, et à Serge Deluy, il pensait pourtant, en 1995, avoir cette fois tous les atouts dans son jeu pour réaliser l'exploit dont il rêvait en enlevant enfin une "Marseillaise à pétanque" !  
Le destin en décida autrement : au terme d'un sans faute de quatre jours, pendant lesquels le parc Borely tout entier s'est régalé des coups de boules et des coups de génie, tantôt de "Milou", tantôt de "Dédé", les héros sont apparus visiblement fatigués en finale ; en tout cas pas au mieux de leur forme, et André MASSONI, avec une déception à la hauteur de celle d'Emile Lovino, a du renoncer à son ambition en s'inclinant face à la triplette gardoise de Raymond Allier, associé à Jean-Marc Budet et à Joël Benoi.  
Terrassé par une maladie foudroyante, André MASSONI s'est éteint le 05 février 2008, à l'âge de 53 ans, après avoir traversé sa vie et sa carrière un peu comme on chemine en été sur une route de Provence qui file entre deux rangées d'arbres, c'est à dire en passant sans cesse de l'ombre à la lumière, et inversement...  
 
l'ange Blond "Dédé" MASSONI. Il a été :  
 
Champion de France triplette en 1994,  
Champion de France doublette en 1978,  
Champion de Ligue en 1996,  
7 fois vainqueur du PROVENÇAL 13 en 1978, 1982, 1983, 1986, 1993, 1995 et 2004,  
1 fois vainqueur du MIDI-LIBRE en 1990,  
2 fois vainqueur du National de BERNIS en 1990 et 1994,  
2 fois vainqueur du National de LARAGNE en 1976 et 1983,  
2 fois vainqueur du National de ST MAXIMIN en 1993 et 2003,  
1 fois du national de DIGNE les BAINS 2004  
 
1 fois vainqueur du National de LA TOUR D'AIGUES en 1996 et bien plus encore...  
 
Il fût et restera "l'ange blond" de la "Belle de Mai" qui par son tir diabolique tétanisa adversaires et spectateurs durant une trentaine d'années.  
 
Marseille et le parc Borély lui doivent beaucoup car il restera un des plus grands de l'histoire du jeu provençal notamment avec ses 7 victoires dans le plus grand concours du monde.
 
Emile LOVINO, une légende sans titre... 
 
Laisser à la postérité un souvenir impérissable quand on  
 
n'a jamais été, ni champion du monde, ni champion de France  
 
de la petite boule, voilà à coup sur un exploit qui parait  
 
totalement irréalisable, surtout quand on sait l'admiration,  
 
à la limite de la déraison, du commun des boulistes  
 
pour les palmarès !  
 
Emile LOVINO, dit "Milou", ne devait pas savoir que c'était  
 
impossible et c'est certainement pour celà qu'il l'a fait :  
 
sans maillot et sans titre il s'est effectivement offert le 
 
luxe de s'installer dans la légende du microcosme, aux  
 
côtés des plus grands, dont quelques uns bardés de  
 
références à tous les niveaux !  
 
Emile LOVINO a réalisé cette gageure parce qu'il était tout  
 
entier de ce bois dont on fait les joueurs charismatiques :  
 
Emile LOVINO, était un joueur d'exception, qui excellait sur 
 
les deux tableaux - longue provençale et pétanque -, et dont 
 
l'adresse naturelle, le charme, et l'élégance, ne laissaient 
 
personne indifférent !  
 
Chaque fois qu'il entrait "En scène", en quelque sorte, 
 
il drainait foules immenses, qui ne se lassaient pas 
 
de le regarder éclabousser les jeux de sa grande classe !  
 
Par conséquent, ne nous y trompons pas : si le palmarès  
 
d'Emile LOVINO ( 2 "Provençal", en 1959 et en 1995, 
 
un quart de finale d'un "France" pétanque en 1968, 
 
à Toulouse, aux côtés de Pierre Brocca et de Henri Codde, 
 
une finale d'un "France" J.P. en 1973, 
 
et une finale de "La Marseillaise" 
 
en 1995- dont on va reparler un peu plus bas - pour en citer  
 
quelques grandes lignes) est loin d'être celui qu'il aurait pu se  
 
constituer, eu égard à son énorme potentiel, c'est tout 
 
simplement parce qu'il avait choisi, comme la plupart des  
 
monstres sacrés de son époque, de mettre son talent au  
 
service d'autres objectifs.  
 
Ils étaient nombreux les joueurs de ce tonneau là, et les  
 
"Anciens" le savent bien, qui ne couraient pas 
 
particuliérement après les titres parce qu'ils privilégiaient 
 
souvent, soit les parties d'intérêts, soit les sorties à droite 
et à gauche,pour le plaisir, avec des amis, auxquels ils ne 
demandaient pas forcément d'être performants sur les jeux...  
 
Cependant, on peut toutefois penser qu'Emile LOVINO 
 
aurait quand même aimé inscrire son nom au Palmarès 
 
de "La Marseillaise", et même de réaliser un doublé  
 
( "Provençal" + "Marseillaise"), notamment en 1995,  
 
lorsqu'il s'est équipé pour ce faire avec un autre 
 
"Monument" du circuit, à savoir André Massoni, 
 
dit "Le blond", et avec un certain Serge Deluy 
 
en troisième homme.  
 
Naturellement, d'après les récits de l'époque, la seule 
 
annonce de cette association a mis tout Marseille 
 
en émoi et il n'est pas un connaisseur qui a douté 
 
un seul instant de l'aboutissement 
 
de l'entreprise ! D'autant plus que tout a bien commencé,  
 
nous dit-on encore, avec un Emile LOVINO littéralement 
 
époustouflant en quart de finale, et qui a fait, parait-il, une 
 
démonsration éclatante de toute l'étendue de son génie des  
 
boules !  
 
Las, en finale, sans qu'on sache exactement pourquoi,  
 
la belle mécanique s'enraye : on voit alors un Massoni assailli  
 
par le doute envoyer de rafle sous les yeux effarés de ses 
 
supporters - même si on a le droit de l'utiliser quand le terrain  
 
s'y prête le tir de rafle fait automatiquement descendre son  
 
auteur, à plus forte raison s'il s'agit d'une icône, de plusieurs 
 
crans d'un coup dans l'estime des puristes -, tandis qu'Emile 
 
LOVINO persistera, quant à lui, même en pleine tourmente,  
 
à tenir son rang et à tirer au fer !  
 
Rien n'y fera, le dieu des boules a choisi son camp et au terme 
 
d'une finale sans panache, Emile LOVINO et ses deux  
 
compères s'inclinent face aux Gardois Raymond Allier,  
 
Jean-Marc Budet et Joël Benoi., lesquels n'auraient sans  
 
doute pas parié avant l'ouverture des hostilités qu'ils feraient 
 
mordre la poussière à pareille équipe.  
 
Un peu de la même manière que Raymond Poulidor n'a 
 
jamais enlevé le Tour de France, Emile LOVINO n'a 
 
jamais conquis "La Marseillaise", mais n'en reste pas moins, 
 
pour prolonger le parallèle, un champion hors normes, 
 
qui a su lui aussi se faire une place de choix dans les 
 
souvenirs et dans le coeur d'une immense foule 
 
d'admirateurs.  
 
 
"MILOU", on peut oser le dire ainsi, est aux amoureux 
 
de la petite boule ce que "Poupou" est à ceux de la 
"Petite reine" 
.  
le "GRAND" Milou LOVINO  
 
Il a été :  
 
2 fois vainqueurs du PROVENÇAL 13 en 1959 et 1995,  
 
Champion de Ligue en 1994,  
 
1 fois vainqueur du National de LARAGNE en 1993,  
 
1 fois vainqueur du National de ST MAXIMIN en 1991.  
 
3 fois vainqueur du national de DIGNE les BAINS  
 
S'il fut pour beaucoup le "meilleur", 
 
il fit passer l'amitié avant tout !  
 
Son palmarès bien que timide....et pas à la hauteur de son 
 
"époustouflante" classe tant au jeu provençal 
 
qu'à la pétanque, en ressort "grandi" !  
 
On dira qu'il a fait plaisir à tous.  
 
BRAVO MILOU ! Ton nom figurera en bonne place 
au Parc BORELY